Mon arrière grand-père, ce héros (2/5): la préparation militaire

1er octobre 1913. René Charles vient d’avoir 20 ans quand il est appelé sous les drapeaux et ne se doute pas encore que pour lui, la guerre qui arrive sera de courte durée.

Selon son matricule militaire (merci les Archives Dépatementales !), il est immédiatement incorporé au 79ème Régiment d’Infanterie basé à Nancy et arrive au corps le 28 Novembre 1913. Je suppose que la vie d’un soldat à la caserne à l’époque était rythmée par ses entraînements, et que René Charles n’a pas fait exception à la règle. J’imagine qu’il devait se lever tôt le matin pour aller courir, faire des corvées de patates et s’assurer d’avoir ses chaussures toujours propres sous peine de faire des tours de caserne en courant.

On pourrait également imaginer qu’il était entouré de plein de jeunes gens de son âge (ou devrais-je dire de sa classe), que l’ambiance bien que stricte était bonne et, – aux vues des tensions de l’époque – que les blagues sur les « boches » volaient à la moindre occasion. J’insiste sur le « on pourrait imaginer » car l’ambiance était peut-être toute autre pour cette année si spécifique, 1913 étant l’année du vote de la Loi des 3 ans (mise en place à partir d’août) et dont l’application ne s’est pas faite sans remous.

exportLa Loi des trois ans est une loi française de 1913 augmentant la durée du service militaire de deux à trois ans en vue de préparer l’armée française à une guerre éventuelle avec l’Allemagne (source). Cette loi fonctionnait de façon rétroactive ce qui signifie que la classe de 1911, normalement libérée en 1913, devait rester jusqu’en 1914, avec pour conséquence néfaste que certains « jeunes » étaient peut-être morts le jour ou ils auraient du finir leur service militaire. Pour la classe de 1913, cela signifiait de rester en service jusque 1916… Une décision certainement prise au bon moment pour la France (l’armée passe 480 000 à 750 000 hommes contre 850 000 dans l’armée Allemande), mais terriblement mal reçue par les premiers concernés et ayant conduit à de rebellions diverses, voire des mutineries, dans les casernes. Cependant, les évênements les plus graves ont eu lieu en Mai-Juin 1913 et on peut s’imaginer que la classe de 1913, incorporée en octobre, s’était déjà résignée à passer 30 mois au service de la France. On peut quand même se douter que le sujet devait être au centre de beaucoup de discussions de dortoir :-)

La caserne en elle-même, malheureusement disparue aujourd’hui, était dénomée caserne Molitor (photo ci-dessous) et selon mes estimations devait compter 3 à 4,000 soldats du 79ème R.I. L’effervescence sur place devait être impressionante quand l’activité battait son plein ou lorsque des exercices ou des revues de troupe avaient lieu dans la cour principale, mélangeant les roulements de tambours et sonneries de clairons avec les couleurs encore très… inadaptées de l’uniforme français pour l’évènement à venir.

Caserne et uniforme

En effet, jusqu’en août 1915, les fantassins français portent les pantalons rouge traditionnels, dit couleur « garance » et une capote  (modèle 1877), gris de fer bleuté fermée par deux rangs de boutons. Le pantalon est enserré, aux mollets, par des guêtres en cuir, ce qui rent le tout très voyant, inconfortable et pas pratique du tout pour le combat.

Mais c’est l’uniforme que René Charles portait comme tous les appelés de l’époque, et la vie qu’il a sans doute mené à la caserne pendant quelques mois. Très précisément jusqu’au 2 août 1914, date de la mobilisation générale.

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