La bataille de Morhange, 20 août 1914

L’offensive française s’est déroulé sans encombre majeure du 14-19 août 1914. La première « vraie » journée de combats a eu lieu le 19 août, lorsque les troupes ont dû mener des assauts difficiles après une journée de marche fatigante et sous une chaleur accablante. Mais le 19 août au soir, les objectifs sont pris et tenus, et les soldats qui sont rentrés tard au cantonnement pensent pouvoir bénéficier d’une courte nuit de sommeil réparateur et ne reprendre les hostilités que le lendemain.

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Position des armées à la veille de la bataille de Morhange

C’était sans compter que les Allemands avaient un tout autre plan en tête. La raison pour laquelle la progression française avait été si facile jusqu’à maintenant et que l’armée française n’avait rencontré que quelques unités d’éclaireurs est que l’Etat Major Allemand avait dressé un piège pour lequel ils voulaient que l’armée française se trouve à un endroit bien précis: « sa ligne de départ pour l’assaut a été choisi par lui depuis longtemps. C’est sur celle-ci qu’il nous a attendu, et qu’il nous a arrêtés, profitant même de la protection que lui donnaient les organisations défensives pour mettre du désordre dans nos unités. »

La nuit du 19 n’a pas vraiment été calme, avec des fusillades déclenchées ici et là aux points de friction avec l’ennemi. Mais c’est surtout le 20 dès le petit matin que se déclenche les hostilités: « bien que se méfiant beaucoup d’un traquenard tendu par l’ennemi, personne parmi les combattants ne prévoit l’ampleur de la contre-offensive ennemie qui, se déclanchant le 20 dès l’aube, nous coûtera si cher et mettra tant d’amertume dans les coeurs, en nous obligeant à abandonner ces chers villages reconquis. »

La description donnée par le général commandant le 20ème corps d’armée ne laisse aucun doute quant à la nature de l’offensive: dès le petit jour, des hauteurs de la cote 241, on voit, à la jumelle, une masse ennemie de toutes armes en formations serrées marchant sur le plateau, […] en direction du sud. La masse aperçue peut être évaluée à une division (infanterie avec cavalerie et artillerie). Cette masse se scinde bientôt en deux.

Tout d’un coup, les obus pleuvent sur les position françaises et commencent des fusillades nourries dans les villages et sur les positions qu’il avait été si facile de tenir la veille. Les balles ricochent sur les murs des maisons et on se rend vite compte que certains villages, faciles à prendre la veille, sont en réalité bien difficiles à défendre car situés dans des cuvettes. Le piège Allemand a parfaitement fonctionné.

Sur la cote 343, objectif du 79ème R.I., les combats ont repris dès 4h du matin: l’ennemi, après avoir mis son artillerie lourde en action, attaque en force. Le combat fait rage pour une bonne partie de la journée. L’Etat Major français se rend compte que les positions prises la veille ne tarderont pas à être perdues mais ordonne aux troupe de tenir le plus longtemps possible pour organiser la retraite. Dans certains cas, au lieu de tenir 3h comme ordonné, les régiments en tiendront 6, et finiront les combats en ramassant les cartouches des tués et des blessés pour les tirer sur l’ennemi.

L’ordre de retraite est donné en fin de journée. Les régiments sont retirés des combats un par un pour se couvrir mutuellement. Les troupes françaises, malgré leur défense héroïque, subiront des pertes énormes pour lesquelles l’organisation médicale ne suffit pas:  les blessés ne peuvent être ramenés et sont abandonnés sur le terrain et faits prisonniers. Au total, environ 4.000 officiers et hommes de troupe sont tombés les 19 et 20 août.

C’est ainsi que se termine la bataille de Morhange. Dans les jours qui suivent, la réorganisation des troupes permettra la défense de Nancy qui se soldera par une victoire française lors de la bataille du Grand Couronné (4-13 Septembre 1914).

Sources:
– Bataille de Morhange (août 1914). Notice communiquée gracieusement à M. le maire de Morhange, par le général commandant le 20e corps d’armée. 1921.
– La bataille de Morhange, 19-20 août 1914, Pourquoi, comment et conséquences par M. André BELLARD.
– Article wikipédia

 

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