Mon arrière grand-père, ce héros (4/5): blessé, prisonnier de guerre et amputé

C’est donc au cours de la bataille de Morhange que René Charles a subit un évènement qui allait changer le cours de sa vie. En effet, alors qu’il était sur la cote 343, il reçut une balle dans le genou droit. Cela aurait pu être une blessure de guerre comme tant d’autres, plus ou moins bien soignée une fois les combats terminés et plus ou moins handicapante par la suite.

Cependant, la bataille de Morhange fut un tel échec (1200 morts juste pour le 79ème R.I.) que les infirmiers reçoivent l’ordre d’évacuer les blessés qui peuvent marcher et de laisser les autres sur le champ de bataille: Les pertes subies au cours de l’attaque de la côte 343 sont lourdes, aussi bien en officiers qu’en hommes de troupes. Les blessés qui ne peuvent être ramenés sont abandonnés sur le terrain et faits prisonniers.

C’est ainsi que René Charles sera fait prisonnier en même temps que beaucoup d’autres, et, après avoir été évacué sur Morhange, sera ramené sur Metz puis envoyé au camp de prisonnier de Grafenwohr en Allemagne.

Le voyage et sa captivité n’ont pas eu d’être de toute aisance car aux vues de la suite des évènements on suppose qu’il n’a reçu que les premiers soins et que son genou est en piteux état.

19150116 - Rapport CICR sur Grafenwohr 0Au camp de Grafenwohr les conditions météorologiques semblent désastreuses, on ne compte que 10 médecins pour plus de 10 000 soldats et le materiel manque cruellement comme l’indique le rapport de CICR de janvier 1915: Le temps a toujours été mauvais, mais les visites au camp bavarois ont été rendues plus difficiles par un temps particulièrement affreux, qui empirait de jour en jour. De la pluie, de la neige, des tempêtes, de la bise, une saleté épouvantable… Les baraquements qui acceuillent les prisonniers sont en bon état mais [ont] un sol en ciment qui par suite du mauvais temps continuel, attire l’humidité et devient froid.

La captivité de René Charles dure d’août 1914 à mars 1915, date à laquelle il doit être rappatrié en France comme Grand Blessé. On se sait pas exactement quand cela s’est produit mais dans ce laps de temps, il a subit une amputation de la jambe décrite par les médecins de la manière suivante: amputation de la cuisse droite au tiers supérieursuite a une fracture compliquée de la rotule par balle. Blessure de guerre.

A son arrivée, il est immédiatement envoyé à l’hôpital militaire n. 214 bis de Maison-Blanche, place Guichard à Lyon ou il restera quelques semaines avant d’être envoyé en convalescence auprès de sa famille, à Nancy.

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Sa vie deviendra alors rythmée par ses visites à l’hôpital et changements réguliers de prothèses comme en témoigne son livret d’appareillage. Suite à ces évènements, René Charles demandera son affectation en tant qu’agent militaire dans des bureaux ou il restera jusqu’en 1939.

Sources:
– Bataille de Morhange (août 1914). Notice communiquée gracieusement à M. le maire de Morhange, par le général commandant le 20e corps d’armée. 1921.
Morhange – Le traitement des blessés français.
– Rapport du CICR de mars 1915.

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